Education au développement en France, solidarité internationale au Mali, Interculturalité
Exposition interculturelle
« UTOPIE, le chant des possibles »
Du 22 mai au 4 juin 2023
Cellier de Clairvaux, salle haute
« L’œuvre d’art pour dénoncer, sensibiliser, pour faire réfléchir mais aussi pour contribuer au rêve d’une société meilleure ».
L’Utopie nous annonce inlassablement qu’il y a du non advenu, de l’inoui. Par elle, l’a-venir échappe à la répétition, au futur ordinaire qui tisse des causalités tellement connues. Alors, par l’Utopie, l’à-venir sera neuf : il sera événement.
Le chant des possibles nous dit inlassablement que des événements incroyables sont en germe. L’utopie proteste et renonce à tous les accueillir. Elle se fait non-lieu, désert de l’aventure humaine, au moment où elle prétend comme toujours dessiner un horizon pour l’homme. Le chant des possibles la réveille au petit matin pour lui donner sa dernière chance au-delà de toute déshérence : une fleur ultime au milieu des territoires grillés et vitrifiés, un animal des profondeurs qui n’avait jamais paru, l’objet définitif, comme un couteau suisse sophistiqué, la cité radieuse désincarcérée du totalitarisme.
Certains convoquent la dystopie. Elle annonce un pire pour un moment encore refoulé aux frontières du réel. Mais elle continue de prononcer des oracles pour l’après demain, avec une insistance tellement convaincante, voire séduisante quand elle nous entraine vers des abimes désirables.
Prenons aujourd’hui encore le temps de regarder par la fenêtre qui nous est ouverte, pour observer la déconfiture de ce monde technique, quand l’art tente un dernier balbutiement, et sauvegarde l’Ouverture.
Une nouvelle chance pour le monde d’être sauvé par la beauté, tant qu’elle est possible.
Pierre Durand
Utopie, les chants du possible
Projection de l’imaginaire vers un ailleurs, l’utopie convoque le lieu, donc l’espace, mais aussi le temps.
Temps suspendu, paradis hors temps, immobile et mortelle fixation d’un rêve merveilleux.
Envers d’une condition humaine misérable (catastrophes naturelles, exploitation de l’homme par l’homme, guerres….) l’utopie en révèle le tragique mais aussi son indéfectible aspiration à des lendemains qui chantent.
Si de grandes et folles espérances conduisirent au désenchantement, aux idéaux fourvoyés, aux mondes impossibles, l’utopie n’est-elle pas aussi le creuset de tous les possibles ? Possible de la reconnaissance de l’autre dans sa singularité, possible d’une solidarité à construire ensemble, sans oublier cependant l’existence d’obscures pulsions à l’emprise sur l’autre, à la destruction des forces vives.
L’utopie demeure comme horizon d’une possible incarnation, ce à quoi l’art nous convie dans le champ qui est le sien par le nouage des formes, images, fantasmagories et du réel insaisissable.
Marie Josèphe Eril
Cioran
Cioran formule en premier l'hypothèse que l'homme est inapte à cohabiter avec ses semblables. Sa nature le pousse à faire le vide autour de lui, et la tolérance devient un effort à fournir pour vivre en société, mais qui est à l'origine d'un réel affaiblissement physique et psychologique de l'individu. D'où une nécessité de concevoir, d'inventer, à l'intérieur du temps, l'utopie qui viendrait consoler les plus malheureux "La perspective d'un nouvel avènement, la fièvre d'une attente essentielle, parousie dégradée, modernisée, dont surgissent ces systèmes, si chers aux déshérités". Ainsi selon Cioran une communauté ne peut subsister que dans la mesure où elle se crée des fictions, les entretient et s'y attache. L'utopie fournit des symboles qui guident les sociétés vers leur avenir. L'imagination permet alors de structurer le réel. L'utopie est ainsi une nécessité car elle nous fait nous pencher sur l'avenir, l'idée d'idéal crée la volonté de l'homme.
En conclusion, Cioran ne présente non pas l'utopie comme un rêve inutile, mais plutôt comme moyen de développer de nouvelles perspectives. Mais Cioran révèle tout son pessimisme en affirmant finalement que l'utopie ne fait que déchaîner les énergies d'une collectivité. Tout essor, tout excès met la liberté en péril, et tout délire neuf s'achève en servitude.
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