Djenné

 

DJÉNNÉ

Très tôt, les autorités de la République du Mali, conscientes de la valeur exceptionnelle de Djenné au plan culturel proposaient Djenné et quelques sites archéologiques la ceinturant à l'inscription sur la liste du Patrimoine Mondial pour la première fois en 1979.

L'inscription devient effective en Décembre 1988, lors de la 12è session du comité du Patrimoine Mondial tenue à Brasilia, au titre des critères III et IV de la convention du Patrimoine Mondial. En effet, les sites archéologiques de Djenné Djeno, Hambarke Tolo, Tonomba et Kaniana apportent un témoignage exceptionnel sur les civilisations pré-islamiques du Delta intérieur.

Considérée tantôt comme ''la plus belle ville'' d'Afrique en terre battue, Djenné constitue un bel exemple d'ensemble architectural du Moyen - âge africain (VII - XVIII siècle). En outre, la ville possède un important patrimoine archéologique, artistique et artisanal. L'occupation humaine est très ancienne à Djenné et dans la région. Cela est attesté par l'existence de nombreux sites archéologiques dont les plus célèbres : Djenné Djeno, Kaniana et Tonomba. A ce jour, on dénombre 65 sites à Djenné et dans un rayon de 5 km.

L'originalité de la ville de Djenné réside dans son architecture de terre de type soudanais que d'ingénieux et talentueux maçons ont élaboré à travers les âges par l'édification de belles maisons à façades Toucouleur, de splendides maisons à façades marocaines et de simples maisons avec enclos que domine majestueusement la célèbre mosquée, construite en 1280 date de la conversion du 26è souverain "
Située au 13°54'16'' latitude nord et 4°33'35'' longitude Ouest, la ville de Djenné est à 125 km au sud-ouest de Mopti, capitale de la 5è région économique du Mali.
Elle s'étend sur une île de 88 ha qui est la réunification de 4 îlots, dans un système d'eau enchevêtré constitué par le Bani à 4 km à l'est de la ville, avec leurs bras et de nombreux marigots coulant en tous sens.

Cette situation particulière fait de Djenné et environs une partie typique du Delta central Nigérien à telle enseigne que Jean Gallais parle de ''Delta de Djenné''. Emprisonnée dans l'inter fleuve Bani-Niger, Djenné est reliée à l'axe routier Bamako - Mopti par la route de SANOUNA (à ce niveau la traversée est assurée par un bac motorisé) prolongée par une digue de 20,5 km que complète une voie goudronnée sur une trentaine de kilomètre au total. Djenné connaît un climat du type sahélien caractérisé par une saison pluvieuse (appelée communément hivernage) de Juillet à Septembre et une longue saison sèche de Novembre à Mai. La hauteur moyenne annuelle des précipitations est comprise entre 400 et 600 mm. 
Les premiers occupants de Djenné furent les Bobo ou Bwa, mais cette occupation fut éphémère et localisée dans la partie ouest de la ville, à savoir KANAFA. L'actuelle ville de Djenné serait fondée vers la fin du IXè Siècle début Xè siècle par les MARKA du clan NONO, originaires de DIA. En souvenir de leur ville natale, ils donnèrent à la nouvelle ville le nom de Diani, petite Dia. Par déformation, cette Diani donnera Djenné.

D'autres versions se rattachent, aussi, à la fondation de Djenné, parmi lesquelles nous pouvons retenir : la version musulmane, le sacrifice de la jeune fille Tapama. En plus de ces versions, l'archéologie apporte de plus en plus un éclairage sur l'histoire de Djenné. En effet, elle fait remonter l'occupation humaine dans cette région à 250 ans avant Jésus Christ, sur le site de Djenné Djeno à 3 km au Sud de Djenné, grâce aux travaux des chercheurs Américains Rodrick James Macintosh et Suzane Macintosh.
Cette occupation a duré jusqu'à 1.400 ans après Jésus Christ et a produit une civilisation urbaine authentique, ouverte sur l'extérieur. Cette civilisation, à l'état actuel des recherches, est considérée comme la plus ancienne en Afrique. Djenné de par sa position géographique stratégique, à cause de la richesse de ses multiples plaines agricoles et mares piscicoles, suscita très tôt, la convoitise des différents pouvoirs politiques qui se sont succédés dans le Soudan Nigérien. Ainsi, elle connut successivement les dominations Mandingue du XIIIè siècle au XVè siècle, Songhay de 1468 à 1598, l'occupation marocaine de 1598 à 1792, les hégémonies Poulo-Toucouleur de 1818 à 1893 ; enfin la colonisation française du 12 Avril 1893 au 22 Septembre 1960. La population de Djenné se caractérise par la présence d'un grand nombre d'ethnies. Cette présence se justifie par la position privilégiée de Djenné, position de carrefour de peuples aussi divers que les Marka, les Songhoy, les Bozo, les peul avec lesquels sont venues se brasser d'importantes minorités Bambara, Sarakolé, Bozo, Dogon et Mossi. De ce brassage naquit une civilisation originale typiquement Djennenke. Selon le recensement administratif on comptait en 1987 12 152 habitants, en 1990 12 7074 habitants qui s'expriment en plusieurs langues et qui cohabitent dans un cousinage séculaire : exemple peul - Mossi - Diawanbé-Sarakolé. Le patrimoine artistique et artisanal de Djenné est constitué entre autre, de statuettes anthropomorphes, zoomorphes en terre cuite et en bronze, de perles de fusaîoles, de vases de coupes et de jarres à caractère rituel ou utilitaire et des produits de poteries, de cordonnerie, de maroquinerie, de forge, de l'orfèvrerie, de broderie traditionnelle, de vannerie et du bogolan. Il aiguise la curiosité des étrangers et forge l'admiration des nationaux. 
1-4 Rayonnement religieux et intellectuel : Djenné, dès la conversion du souverain Koï Komboro à l'Islam qui devenait religion officielle, fut progressivement le centre de diffusion et de propagation de l'Islam à travers tout l'Ouest africain à la faveur du commerce transsaharien. C'est ainsi que des écoles coraniques, des universités dans lesquelles l'on enseignait la charria, la théologie, la grammaire, la littérature, l'astrologie virent le jour dans de grandes familles comme : Tire Humé Hinka (vestibule à 2 portes) ; Houssouna (où Abderhamane es Saadi rédigea le tarik es soudan du XVIIè siècle) ; Dramela et Sidibela. Jusqu'à une date récente, on comptait à Djenné une quarantaine de grandes familles maraboutiques qui rivalisaient de ferveur et de performances. Chekou Amadou, futur fondateur de l'empire Peul du Macina basé à Roundé Sirou, venait parfaire ses connaissances à Djenné. Encore de nos jours, Djenné continue de recevoir bon nombre d'élèves et étudiants en provenance de l'intérieur du Mali et des pays voisins tels que le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire. A Djenné, les fêtes musulmanes comme le Ramadan, la Tabaski et le maouloud sont fêtées avec éclat ou observées avec scrupule.



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Avatar nganga erick

Les univercités de djenné

Le 29-11-2015 à 21:04:17

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