Le fleuve Niger

 

LE NIGER (DJOLIBA EN BAMBARA) , ENTRE CRAINTES ET ESPOIRS

Source : Guinée ; embouchure : Nigeria

Pays traversés : la Guinée, le Mali, le Niger, le Bénin et le Nigeria. Ses affluents traversent le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Cameroun et le Tchad.

Longueur : environ 4 200 Km Irrigue une zone d'environ 2 000 000 km² Bassin versant du fleuve au Mali : 300 000 Km² (20% de la superficie totale de son bassin)

C'est la plus importante ressource en eau du Mali avec un potentiel d'écoulement de 46 milliards de m³ à Koulikoro.

Signes distinctifs : Amples variations interannuelles et saisonnières.

Le Fleuve Niger a marqué l'histoire et le développement de l'Afrique occidentale, façonnant le paysage et favorisant l'émergence de pratiques rituelles, de savoir-faire (batellerie) et de manifestations populaires (festivals liés à l'eau et au fleuve). Ces représentations culturelles, mythologiques et même sacrées du Niger s'inscrivent dans l'histoire des pays traversés par le fleuve. Par exemple, le Yaaral et le Degal désignent les festivités marquant chaque année la traversée du fleuve de troupeaux appartenant au peuple Peul et au peuple Maure.

C'est une véritable union qui existe entre l'homme et le Niger. La population, notamment celle du Delta Intérieur, vit aux rythmes du fleuve, et de ses crues.

Dès le Xe siècle, un commerce transsaharien se met en place. Des pirogues entières et d'immenses caravanes échangent des denrées agricoles, de l'ivoire, du sel, de l'or, du cuivre et des esclaves. Le Mali deviendra rapidement le cour de ce réseau commercial, favorisant la prospérité de certaines villes comme Tombouctou ou Djenné. Aujourd'hui encore, ces cités sont toujours représentatives de l'histoire malienne.

Le Delta Intérieur du Niger, à l'aspect hydrographique remarquable, est le cour du Mali. Il s'agit d'une vaste zone inondable de 40 000 Km² constituée d'un réseau très dense de défluents du Niger ainsi que d'un affluent qui arrive à Mopti, le Bani. Le Delta est constitué d'un ensemble de cuvettes et de plaines normalement inondées chaque année et comptant de nombreux lacs. Cet ensemble représente l'une des plus grandes zones humides d'Afrique de l'Ouest.

 

L'HOMME DEPENDANT DU NIGER

L'accès à l'eau reste primordial pour toute civilisation qui s'inscrit dans un projet de pérennité. Beaucoup d'implantations de population se dessinent autour d'un point d'eau, que ce soit un bord de mer ou d'océan, une source ou un puits, une rivière, un fleuve ou un lac. L'eau est l'élément commun à la vie et à l'activité humaine. C'est une véritable dépendance à la nature. L'agriculture, la pêche et l'élevage sont les activités les plus vulnérables et les plus dépendantes du fleuve.

L'AGRICULTURE

L'aménagement des rives du fleuve tend à la privatisation des terres, alors que traditionnellement les parcelles sont plutôt collectives. Ainsi certains cultivateurs peuvent devenir propriétaires de leur partie cultivée.

Les cultures pratiquées sont des cultures non industrialisées, formant des petites parcelles placées au plus près du fleuve.

Toutes sortes de fruits et légumes sont cultivées (entre autres salades, betteraves, tomates, pommes de terre, ignames).

L'irrigation au Mali

Le fleuve est essentiel pour l'économie et l'approvisionnement de la population en denrées alimentaires. Après une restructuration de l'Office du Niger, organisme en charge de la gestion de l'eau, l'irrigation élargie et plus efficace a permis des rendements plus élevés, des revenus en hausse pour les agriculteurs. La production de riz a presque triplé (de 98 000 tonnes à 271 000 tonnes), la production de denrées comme la tomate ou l'oignon a substantiellement augmenté par rapport aux années précédentes.

57km de canaux et de rigoles ont été remis en état et modernisés. Les rendements à l'hectare ont augmenté de 205%, et le rendement économique pour les agriculteurs de 16 à 30%.

L'élevage

Plusieurs types d'élevage sont pratiqués : la chèvre, le zébu, le bouf, le poulet entre autres. La vente se fait dans les marchés locaux, il n'y a pas vraiment d'exportation des produits.

Le cheptel bovin représente à lui seul 7,6 millions de têtes. La productivité du secteur est donc forte, surtout sur le Delta Intérieur (pâturages inondés). L'élevage dépend du fleuve principalement pour: 
-l'abreuvement -et surtout l'abondance des productions végétales à proximité du fleuve, qui est définie par l'amplitude de la crue et constitue une importante ressource fourragère.

La pêche

Au Mali, la pêche est continentale, c'est à dire qu'elle ne dépend que de fleuves, sans contact avec un bord de mer. L'activité est beaucoup plus concentrée dans la zone du Delta Central, et sur les deux lacs de barrage (Sélingué et Manantali), que sur le reste du tracé fluvial. 
Les techniques de pêche sont très classiques : le filet et la ligne.

Le poisson constitue le seul objet de la pêche, sa commercialisation comprend la vente des poissons frais ou transformés (poisson séché ou fumé, huile).

Deux groupes de pêcheurs professionnels se distinguent sur le Fleuve Niger :

  • Les Somono, le groupe se compose d'un mélange de plusieurs ethnies : Bambara, Soninké, Bobo. Aussi, les Somono ont-ils, pour la plupart, conservé les coutumes de leurs groupes d'origine avant d'adopter finalement les règles coraniques, après la conquête de leurs lieux de résidence par les Toucouleurs d'El Hadj Oumar.
  • Les Bozo constituent un groupe spécifique, à l'issue de la décadence de l'empire du Ghana dont ils faisaient partie ; ils ont choisi d'être pêcheurs pour subvenir à leurs besoins en exploitant les ressources de ce fleuve. Ensuite, améliorant peu à peu leurs techniques, ils firent, en fin de compte, de la pêche leur principale activité à laquelle ils ajoutèrent le quasi-monopole de la batellerie. C'est ainsi qu'ils devinrent les " maîtres de l'eau ".

La pisciculture est un domaine assez récent au Mali. Plusieurs bassins artificiels ont été élaborés : Centre Piscicole National à Molodo (12 étangs crées depuis 1991), à Kourouma, Sélingué, San.

Le Mali représente un cas unique dans le développement de la pisciculture africaine. Le silure (Clarias sp.) est très apprécié par la population et se vend facilement. Cet espèce, robuste et omnivore, a déjà été l'objet de plusieurs projets de développement piscicole en Afrique. Le problème ailleurs en Afrique était l'approvisionnement en alevins, alors qu'au Mali, ils sont présents en énorme quantité, pendant les mois d'octobre et novembre, dans la plaine du Delta inondée.

Compte tenu de la situation particulièrement favorable du Mali (disponibilité d'alevins, grandes superficies d'eaux libres) le développement de la pisciculture peut à terme constituer un élément de réduction des effets néfastes des aléas climatiques et de gestion rationnelle de l'écosystème agricole (diversification des activités, intégration agriculture/élevage).

ACTIVITES INDUSTRIELLES ET ARTISANALES

L'exploitation du sable:

Le sable et sa commercialisation représentent une manne financière très importante, notamment autour de l'axe Bamako- Koulikoro. Le sable est la matière première à la construction des habitations, usines et infrastructures urbaines.

Briques, ciment, le sable du Niger est la base même de la construction malienne.

A Koulikoro, le commerce du sable a pris une part primordiale dans la localité, car c'est l'artisanat le plus important, devant la pêche, l'élevage, la culture, et les autres industries présentes dans le secteur.

La valeur du sable varie selon l'offre et la demande. Une benne d'un camion de « 14 roues » (volume mesuré en nombre de roues) peut varier du simple au quintuple, selon la saison. Par exemple pour 14 roues, le prix de vente à Bamako est de 50 000 à 65 000 F CFA pour le sable, et de 250 000 F CFA pour le gravier.

Ce prix varie à la saison de l'hivernage (50 000 CFA), à la saison sèche (7 500 CFA). La période de l'hivernage, est la période la plus difficile pour extraire le sable immergé dans l'eau du Niger (profondeur de 10 à 25m). C'est aussi la période de construction urbaine, car l'eau est en abondance (ciment= eau+sable). L'exploitation à cette période entraîne un coût supplémentaire : Pirogue, plongeur.

L'industrie:

Le Mali s'efforce aujourd'hui de développer un secteur industriel orienté vers la recherche et l'exploitation des ressources minières en plus de la production agricole. La multiplication des sources d'énergie en vue de faire face à la demande d'une industrie en pleine croissance est perceptible, la production énergétique reste insuffisante.

En l'absence d'une industrie lourde, la production industrielle du Mali est basée sur la transformation des productions agricoles : biscuiterie, pâtes alimentaires, confiseries, huilerie, laiterie, textile, tabac.

La gestion de l'eau par les barrages:

Le barrage de Sélingué produit de l'électricité depuis 1980 avec une puissance de 44 000 KW. Le barrage de Markala, construit en 1948, a pour but l'irrigation, le développement de la culture du coton, du riz et de la canne à sucre.

Des projets plus ambitieux de barrages sont à l'étude, comme celui de Taoussa, situé entre Tombouctou et Gao. C'est un projet d'aménagement qui prévoit un barrage couplé à une micro centrale hydroélectrique. Son objectif est la production d'énergie, et le développement d'activités agricoles. Ce projet prévoit aussi une route d'accès devant prolonger la voie qui relie Niamey et Gao.

L'artisanat :

Parmi les activités artisanales les plus liées au fleuve, on peut citer la teinture.

Le tissu, à la base immaculé, est brodé de différentes manières par les teinturières, puis teinté avec différents colorants. Plusieurs passages sont nécessaires pour obtenir une couleur foncée. Lorsqu'il s'agit de motif, des nouds sont alors effectués à l'endroit des motifs, un premier passage dans la teinture, puis un deuxième, les nouds sont défaits, gardant leur couleur originale.

VIE QUOTIDIENNE

L'eau est aussi utilisée par les habitants, et les riverains pour leur besoin quotidien. La station de traitement des eaux de Djikourouni, un quartier de Bamako, fournit l'eau potable pour la capitale du Mali.

Ils y lavent leurs ustensiles, lavent leur linge personnel, ils s'y baignent, et la boivent.

Certaines femmes font du lavage du linge une activité professionnelle : elles lavent le linge, les tissus, les « boubous » de clients, dans le cours du Niger, et les laissent sécher sur la rive.

Enfin, le fleuve est bien sûr utilisé pour le transport des hommes et des marchandises.

 

 

LES IMPACTS SUR LE FLEUVE

De nombreuses activités se structurent donc autour du fleuve.

Mais cela signifie également qu'elles vont avoir différents impacts sur le fleuve, fortement négatifs pour certains.

Cette situation est paradoxale : ces activités sont en train de se priver elles-mêmes de leur principale source de vie et d'énergie.

De plus, une activité aura également des effets négatifs sur les autres activités qu'elle côtoie. Ainsi, il existe de nombreux conflits d'usage : toutes ces activités ont parfois des besoins en eau qui s'affrontent et qui deviennent difficiles à gérer.

LA POLLUTION

LA POLLUTION BACTERIOLOGIQUE

Le Niger fait partie du quotidien des habitants, ce qui explique la nécessité d'une eau de qualité, propre à la consommation. Mais l'usage domestique peut lui-même dégrader cette qualité, notamment en produisant une pollution bactériologique.

Les principaux pollueurs domestiques sont :

  • Les eaux-vannes des WC et des latrines ;
  • Les eaux domestiques et de ménage ;
  • Les déchets rejetés par certaines activités urbaines comme les abattoirs ou les hôpitaux.

    Ainsi, la pollution domestique produite chaque jour est de :

  • 65g / habitant en charges organiques dissoutes ;
  • 70g / habitant en matières en suspension.

 

LA POLLUTION CHIMIQUE

Les phases de pollution aiguës du fleuve sont le plus souvent liées aux activités humaines:

Les incidents de traitement : Ceux de l'usine Huilerie Cotonnière du Mali (Huicoma) de Koulikoro ou de Siribala , où le retraitement des eaux usées n'est d'ailleurs que partiel.

Les pollutions agricoles dues aux changements dans les pratiques culturales : La recherche de rendements plus élevés pousse à l'utilisation d'engrais et de pesticides ainsi qu'à une mécanisation croissante. Ces éléments polluants sont donc drainés vers le fleuve par ruissellement. L'augmentation des surfaces cultivées, qui érode les sols, accentue encore le phénomène.

Les fortes pluies à Bamako lors des années 1993, 1997 et 1998 qui ont provoqué une pollution suffisamment importante (au DDT) pour perturber la vie des habitants.

Mis à part ces cas extrêmes, l'impact des pollutions agricoles se situe aujourd'hui principalement sur la faune et la flore aquatique avec cas possible de mortalités ponctuelles de poissons à l'hivernage, lors de fortes pluies.

Une amélioration de la situation pourrait résider dans une meilleure prévention, par l'amélioration et la réglementation du dispositif de retraitement, ainsi que dans la capacité de détection des pollutions fortes et dans l'alerte des populations locales.

Une pollution moins épisodique, permanente est tout autant causée par les activités des hommes :

La pollution industrielle : Uniquement pour Bamako, les 8 unités industrielles les plus importantes rejettent en moyenne 2 200 m3 d'eaux usées par jour, soit près de 800 000 m3 par an. En moyenne 14% des déchets industriels sont jetés, soit environ 1 300 tonnes par an.

Il faut savoir que 80% des usines du Mali se trouvent entre Bamako et Koulikoro et que la principale source de pollution industrielle du Niger est l'huilerie cotonnière du Mali (Huicoma)

La pollution des autres activités urbaines, notamment les teinturières : Toujours pour Bamako, les « 300 » teinturières sont la source de 16 000 m3 /an d'eaux sales qui s'infiltrent dans le sous-sol ou sont directement rejetées dans le Niger. Ces eaux contiennent de la teinture, mais surtout de la soude caustique, qui permet de fixer les pigments mais qui est également très toxique.

L'activité de transport fluvial de voyageurs et de marchandises : Elle génère une pollution peu importante mais qui a tout de même des conséquences négatives sur la qualité de l'eau. Ceci est causé entre autres par le déversement d'huile de moteur ou les pertes d'huile, les lavages de citerne les déchets produits sur les points de stationnement et d'échange, ainsi que pendant les voyages (déchets de voyageurs, marchandises avariées).

EVOLUTIONS PREVISIBLES DE LA POLLUTION

Les études réalisées semblent montrer que le Niger est encore peu touché par la pollution chimique. Du fait des grands volumes d'eau du fleuve et de l'effet de dissolution lié, la pollution bactériologique serait elle aussi assez réduite. Ceci s'explique par une industrialisation faible du bassin versant, une faible utilisation d'engrais et de pesticides et une faible démographie si on considère le fleuve sur toute sa longueur.

Cependant, d'après une étude menée dans le cadre du projet Fleuve Niger, inclus dans le programme « Fleuve et patrimoine » de l'UNESCO, « les risques environnementaux (ensablement, pollution, inondation.) se sont nettement accentués et les conditions économiques des populations riveraines se sont dégradées ».

Lors d'une conférence organisée à Paris en avril 2004, les neufs chefs d'États du bassin du Niger ont « envoyé un signal au monde entier pour sauver le fleuve ».

D'autre part, la situation peut devenir alarmante localement : 
-De grands projets industriels sont en cours et les rejets des 
villes continuent à ne pas être traités systématiquement. 
-Une forte pollution chimique ponctuelle sur les points de 
rejet de l'axe Bamako-Koulikoro où les normes de qualité OMS sont dépassées. Les eaux des nappes de la ville de Bamako sont elles aussi polluées et déjà impropres à la consommation. 
-Une pollution bactériologique dans les zones de forte concentration humaine. -Des pollutions aux pesticides dans les zones cotonnières. -Une agriculture qui continue de se développer dans la vallée du Niger en adoptant des techniques polluantes.

Si aucune action n'est menée, la situation va s'aggraver, privant une bonne partie de la population de sa principale ressource en eau.

Continuer sur cette voie assure pour l'avenir la fin du bon état global du fleuve Niger.

DEGRADATION PHYSIQUE ET CONFLITS D'USAGE

Dégradation physique

Deux phénomènes contraires : l'ensablement et le désensablement.

L'ensablement est un phénomène naturel causé par « l'érosion éolienne ». Cette érosion est aggravée par un manque de barrières naturelles appelées palissades. Cette éradication du couvert végétal est due à la surexploitation du sol et au commerce du sable. En effet, l'exploitation intensive dans le lit du fleuve à proximité des zones urbaines provoque la perte des plages et la déstabilisation de certaines berges, qui peut se traduire localement par le rétrécissement du lit du fleuve.

Le désensablement, quant à lui, est uniquement dû à l'activité humaine. On rencontre surtout ce phénomène entre Bamako et Koulikoro, où l'exploitation du sable est intensive. Dans ce bief, les bancs de sable ont reculé d'une centaine de mètres en 10 ans.

Ceci a pour effet de modifier l'équilibre écologique du fleuve, en détruisant les zones frayères par la disparition de végétation aquatique.

Cela modifie également l'écoulement, et du même coup ne garantit plus la forme de crues éclairs.

L'exploitation du sable, utilisé dans la construction, constitue actuellement le problème environnemental majeur de la vie du fleuve.

Conflits d'usage

Il existe des modifications naturelles du débit qui sont provoquées par la variation interannuelle du climat.

Mais les aménagements hydroélectriques pour la production d'énergie modifient également le débit du fleuve à différentes périodes de l'année. Or, la plupart des activités précitées dépendent beaucoup du débit, notamment en période de crue : l'agriculture, la pêche et l'élevage. Cette dépendance est accentuée au niveau du Delta Intérieur, où la submersion des plaines inondables dépend fortement de la hauteur des crues.

Par exemple, à Mopti, pour une hauteur de crue comprise entre 5,6 et 6,4 mètres, 10 cm de hauteur d'eau supplémentaire correspondent à un gain de 980 Km2 de surface inondable.

Donc si des prélèvements sont faits en période de crue ou en période d'étiage, la modification des surfaces et durées d'inondation en aval peuvent entraîner des pertes productives très importantes.

Par exemple, la production de poissons dépend en grande partie des surfaces inondées. Une faible crue peut provoquer une perte fourragère de 40 %, impactant alors sur la production de bétail.

Aujourd'hui, la répartition des eaux de crue n'est pas encore traitée de manière assez rationnelle.

De plus, les aménagements hydrauliques ne sont pas assez efficients, puisque les pertes lors du processus d'irrigation sont importantes, parfois jusqu'à 40 % de l'eau prélevée dans le fleuve. Une gestion efficace de ce système est donc nécessaire ; il faut noter que l'office du Niger y travaille par l'intermédiaire d'un nouveau schéma directeur.

D'autres genres de conflit d'usage existent également : -Le conflit agriculteurs/pasteurs sur l'extension des surfaces cultivées au détriment des pâturages -Le conflit agriculteurs/pêcheurs sur l'extension dans les plaines halieutiques.

CONSEQUENCES SUR LA FAUNE ET LA FLORE

La flore

La sécheresse des 30 dernières années, mais aussi la hausse de la pression anthropique sur les ressources menacent fortement les forêts proches du fleuve, notamment dans le Delta. La biodiversité et la production fourragère ont aussi fortement diminué à cause de la baisse du niveau des crues.

On observe également la prolifération d'spèces parasites, avec notamment l'apparition au Mali de la Jacinthe d'eau en 1990 autour de Bamako du fait de la modification des propriétés de l'eau par les activités humaines. Cette plante se trouve à proximité des villes, dans les eaux polluées et très riche en substances nutritives.

Cette plante pullule et empêche le développement des autres végétaux aquatiques. De plus, elle nuit au fonctionnement des prises d'eau de divers ouvrages.

Cependant, il existe des méthodes de luttes biologiques ou mécaniques actuellement utilisées à l'office du Niger.

D'une manière générale au Mali, on observe une baisse de la fertilité des sols provoquée par l'accroissement de la production agricole du fait de la pression démographique croissante.

La faune

Concernant les poissons, on constate que la ressource halieutique s'est modifiée depuis 50 ans. Certaines espèces ont vu leur nombre augmenter, d'autres au contraire se sont beaucoup raréfiées. De plus, en conséquence directe de la pression exercée par la pêche, les poissons sont en moyenne plus jeunes qu'avant, sauf dans les régions où l'exploitation de poisson est limitée. Malgré cela, la productivité de la ressource poisson ne semble pas affectée. Pour conserver cette abondance, il faut veiller à maintenir une bonne inondation des plaines pour garder l'écosystème en place. A noter que l'ensablement du fleuve entraîne la diminution du niveau d'eau, provoquant ainsi le réchauffement et une modification de l'écosystème.

Pour le reste de la faune vivant à proximité du Niger, on observe une évolution négative avec la disparition de grands carnivores, la raréfaction des reptiles. Ceci est encore une fois la double cause sécheresse / pression anthropique.

Un autre phénomène inquiétant : les oiseaux pour qui le Delta Intérieur est un lieu primordial ont vu leur nombre diminuer. C'est un refuge pour plus de 350 espèces, et plus d'un milliard d'oiseaux provenant de plus de 80 pays viennent pour s'y reposer ou s'y reproduire. Or, cette biodiversité représente un atout écologique et économique pour le Delta. Ce vaste site abrite aussi de nombreux reptiles et amphibiens, ainsi que les derniers représentants des mammifères comme l'hippopotame et le lamentin.

Le cumul des facteurs anthropiques et climatiques a fait baisser la productivité du Delta, privant celui-ci et le fleuve de leur statut de zone naturelle sauvage. Cela a engendré une baisse de la biodiversité du Niger et de ses alentours, ainsi que l'apparition de phénomènes de pollution localisés qui sont autant de menaces pour l'avenir.

Malgré cela, les mécanismes écologiques de base de la productivité du fleuve et de ses écosystèmes ont pu rester intacts et efficaces jusqu'à aujourd'hui (sous condition d'une quantité d'eau suffisante). Mais la menace est bien réelle et montre l'importance d'un changement de pratique et d'une sérieuse vigilance sur l'évolution de la situation.

 

LA GESTION DU FLEUVE

La gestion actuelle de l'eau du Niger

« D'un côté, en effet, la présence de neuf Etats indépendants prétendant à un accès égal en vertu du droit international à l'utilisation économique, commerciale ou même stratégique du fleuve, produit un contexte politique délicat susceptible d'engendrer des conflits civils ou armés : le droit des Etats mérite d'être défini.

D'un autre côté, le Mali s'est engagé dans un processus de décentralisation qui confère à chaque collectivité territoriale intéressée des compétences de gestion du fleuve Niger: les droits de ces entités doivent être précisés dans le cadre de droit national.

Par ailleurs, un droit coutumier spécifique a toujours réglementé les utilisations du fleuve Niger par les pêcheurs, agriculteurs, éleveurs ou autres : l'harmonisation des règles juridiques coutumières ou des usages locaux du droit national ou du droit international ne devient-elle pas une nécessité ? »

Avenir du Fleuve Niger, CISSE/MORAND

Les organismes officiels qui ont un rôle à jouer dans l'influence du fleuve Niger au sein du fonctionnement de la société malienne, notamment entre l'axe Bamako-Koulikoro, sont nombreux et très divers. Cela passe par des organismes gouvernementaux et par des associations locales regroupées en coopératives (l'AOPP : association des organisations des propriétaires paysans, par exemple).

L'Office du Niger (O.N.)

L'Office du Niger est le plus ancien des périmètres irrigués de l'Afrique de l'Ouest, l'un des plus étendus. Aménagé à partir de 1932, dans le Delta Intérieur du fleuve Niger, il devait devenir le grenier à riz de l'Afrique de l'Ouest. Mais les réalisations ne purent véritablement aboutir aux résultats escomptés.

En 1994, les missions de l'O.N. sont recentrées sur : -dans le cadre de la mise en valeur et du développement du Delta Central du fleuve Niger : 
. La gestion des eaux ; 
. La maintenance des aménagements. -dans le cadre du contrat de concession de service public : 
la maîtrise d'ouvrage ; 
l'entretien des infrastructures primaires ; 
la gérance des terres ; 
le conseil rural et l'assistance aux exploitants des terres aménagées.

L'enjeu du Mali est aujourd'hui d'augmenter la production de cette zone pour satisfaire ses propres besoins alimentaires mais aussi pour produire des denrées à destination des autres pays de la sous région. Le projet « Initiative Riz » lancé par le gouvernement malien pour l'année 2008-09, est de produire 1 618 323 tonnes de riz paddy, soit une augmentation de 50% de sa production par rapport à la dernière campagne. Le résultat ainsi obtenu permettra de dégager une production de riz marchand de l'ordre d'un million de tonnes, qui couvrira le besoin alimentaire interne du pays, estimé à 900 000 tonnes par an. Les 100 000 tonnes excédentaires seront commercialisées sur le marché sous- régional concerné par le même problème de flambée.

MISE EN PLACE ET CONSOLIDATION DES OUTILS DE GESTION

Une gestion durable et globale de l'environnement et des ressources naturelles nécessite de consolider la connaissance scientifique. Pour cela il faut : 
-Acquérir une bonne quantité de données et connaissances ; -Les stocker et les diffuser pour aider la prise de décisions rationnelles. 
Aujourd'hui, il existe d'importantes ressources en Systèmes d'Information au Mali. Mais les acteurs sont nombreux et d'origines diverses, rendant l'information diffuse et éparse. 
Pour arriver à une cohérence d'ensemble du système, il faudrait unifier le système d'information en identifiant clairement les catégories d'information et les niveaux d'acquisition.

Mais la production d'informations nécessaires à la bonne prise de décision a aussi un coût. De plus, contrairement aux projets ponctuels, elle nécessite un investissement financier sur le long terme, ceci est un enjeu fort (considérable pour un développement durable). Pour répondre à ce besoin ou à ce problème, la communauté européenne pourrait par exemple s'engager à racheter une partie de l'information produite, qui lui serait utile par ailleurs.

Ainsi, les connaissances scientifiques doivent être mieux gérées et plus accessibles aux décideurs. L'utilisation de modèles permettant de simuler différents scénarios afin d'aider les décideurs dans leurs choix stratégiques pourrait être plus efficace. Avec par exemple : 
-Des modèles hydrauliques d'écoulement ou modèles d'usage de l'eau, qui permettraient d'établir des scénarios optimisant les stratégies de développement. Des réflexions sont en cours pour cela à l'IRD et ABN. 
-Des modèles locaux spécifiques aux lieux (grandes villes, le delta.) sont déjà en cours (Office du Niger) et seraient à généraliser.

Dans ce sens, une expertise réalisée par l'Institut de Recherche pour le Développement pour le Mali et différentes instances internationales propose trois recommandations qui semblent pertinentes : 
-Consolider la connaissance scientifique -Poursuivre l'évolution du cadre institutionnel par la création de nouvelles institutions, comme l'ABN au niveau national. S'appuyer sur le contexte de décentralisation qui donne un échelon local à la gestion du fleuve, même si ces collectivités locales restent mal pourvues en moyens humains et matériels. Les communes ont désormais plus de pouvoirs en matière de gestion des ressources naturelles. -Mettre en place une gestion stratégique équilibrée, avec différents niveaux de décision et d'action (le niveau institutionnel étant indispensable étant donné l'ampleur du fleuve et la diversité des activités qui en vivent).

Liste des organismes, leur rôle

  • ABFN : Association du Bassin du Fleuve Niger
  • Agence gouvernementale, son rôle principal est la protection des berges, la sauvegarde de localités, les stabilisations des berges, la dépollution des plantes prolifères, la sensibilisation sur la fragilité de l'écosystème. Elle a un rôle consultatif auprès du Ministère de l'Eau, des Mines, et de l'Energie ;
  • AMM : Association des Municipalités du Mali 
    Relation entre les collectivités, permet la diffusion de l'information, conscience de la dépendance au fleuve, volonté de gestion des actions entreprises, articulation avec les Directions Régionales et l'intérêt de l'Etat.
  • LOIRE-NIGER : ONG entre la région de Mopti et de la Loire (France) dans le cadre d'un partenariat UNESCO.
  • CRAK : Chambre Régionale de l'Agriculture de Koulikoro. Relie les différents protagonistes dans le cadre de subventions pour des projets, des coopératives organisées en Union peuvent bénéficier de subvention ou de crédit avantageux en élaborant un dossier projetant la viabilité et la faisabilité d'un commerce, d'une entreprise ou d'une infrastructure permettant la pérennité d'une entreprise ou d'un commerce déjà existant ou non (amélioration d'un rendement). Les domaines concernés sont pour l'instant la culture : Sésame, Mangue, Pourghère, Céréales sèches, Karité. La Pêche devrait être représentée cette année (2008). L'exploitation du sable ne fait pas partie des prérogatives du CRAK.
  • Direction Technique de la Pêche : application des directives nationales, constatation des dérives de la pêche traditionnelle (rafle des alvins), de l'extraction du sable entraînant la dégradation du biotope (code forestier, Article 44), d'où la solution envisagée de la pisciculture (meilleur contrôle de la production, eau saine venant des nappes).

 

CONCLUSION

 

Le Niger représente un « patrimoine vital de l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale », et constitue pour le Mali l’une des principales sources de richesse.

Les activités les plus importantes de la société malienne se sont ainsi développées autour du Niger, engendrant de multiples usages de l’eau. L’agriculture, la pêche et l’élevage, mais aussi l’industrie, l’artisanat et les habitants dans leur quotidien vivent au rythme du Niger.

Mais paradoxalement, ces activités peuvent aussi avoir des impacts négatifs sur le fleuve jusqu’à en compromettre l’avenir. Ainsi, les différentes activités humaines provoquent des pollutions chimiques et bactériologiques, dégradent le profil du fleuve et menacent sa faune et sa flore.

De plus, toutes ces activités qui évoluent et se modernisent ont parfois des besoins en eaux qui s’affrontent et se contredisent les uns les autres. Ainsi, il devient très complexe d’arriver à une coordination qui permette de satisfaire tous les usages à la fois.

Ce constat, additionné à la poussée démographique qui accroît la pression sur le fleuve et ses ressources, et au forçage climatique dont l’évolution est encore incertaine, oblige les pays à mettre en œuvre une GOUVERNANCE DE L’EAU.

Les organismes créés depuis longtemps tels que l’Office du Niger où l’ABN (Agence du Bassin du Niger), les grands projets comme ceux menés par l’UNESCO ou encore les réunions périodiques des différents chefs d’états (2004 à Paris, 2008 au Niger) ne semblent pas suffire.
Pour une gestion équilibrée du fleuve, il est aujourd’hui nécessaire de mettre en œuvre un système de gestion fort, structuré et collaboratif s’appuyant sur une bonne connaissance scientifique.

La situation n’est pas encore irréversible, mais les perspectives d’évolution ne pourront qu’être très ternes si aucun changement de comportement n’a lieu. Il serait donc souhaitable de prendre la situation en main dès aujourd’hui pour sauver le fleuve et élaborer des stratégies réfléchies et intégrées qui permettront d’éviter à l’organe vital du Mali des jours futurs tragiques.

Selon les décisions prises et les outils mis en œuvre, le Niger pourra devenir pour les pays traversés :
-Soit une source de conflits pour l’accès et le contrôle des eaux du fleuve
-Soit un trait d’union basé sur la coopération et sur la mise en valeur de cette ressource vitale. En effet, le potentiel du fleuve reste aujourd’hui peu et mal exploité : 20 % du potentiel agricole est utilisé, et 20,6% du potentiel énergétique.

Le Niger constitue donc bien un élément clé pour le Mali, et peut être même le moyen futur de lui apporter la prospérité.

 

Nous remercions les intervenants à cette étude, qui nous ont permis d’élaborer ce projet:
-Mr. Le Directeur du CRAK (Chambre Régionale de l’Agriculture de Koulikouro)
-Mr. Le Directeur du DRAK (Direction Régionale de l’Agriculture de Koulikouro)
-Mr. Le Directeur du DTRP (Direction Technique Régionale de la Pêche)
-Ibrahim TRAORE/Vice-président du Parti Ecologiste et Maître de Conférence au FLASH (Faculté des Langues, Arts et Sciences Humaines)
-Tahirou COULIBALY/ Chargé de mission à l’ABFN (Association du Bassin du Fleuve Niger)
-Mr. BOCATOUCO/ Chargé de la Coopération décentralisée à l’AMM (Association des Municipalités du Mali)
-Mr. FOFANA/ Président de l’association des exploitants du sable, et Président de l’association des pêcheurs à Koulikouro
-Mariam FOFANA/ Exploitante du sable à Koulikouro

 



Les réactions

Avatar Salah MAGAGI MULLER

bonjour,j'aimerais savoir si y'a des études qui ont été réalisé sur les rejets des différentes industrie longeant le fleuve tels que : Usine de production d'eau potable de Goudel et yantala; usine de la braniger.
merci.

Le 11-09-2015 à 11:44:20

Avatar Salah MAGAGI MULLER

bonjour,j'aimerais savoir si y'a des études qui ont été réalisé sur les rejets des différentes industrie longeant le fleuve tels que : Usine de production d'eau potable de Goudel et yantala; usine de la braniger.
merci.

Le 11-09-2015 à 11:45:07

Avatar Aminou

Bonjour Salah MAGAGI MULLER je suis également à la recherche de tels documents , pourriez m'aidez lorsque vous en trouveriez?

Le 18-09-2015 à 12:17:11

Avatar mohamed

je recherche l'embouchure du fleuve du niger

Le 03-03-2016 à 09:18:00

Avatar mohamed

je recherche l'embouchure du fleuve du niger

Le 03-03-2016 à 09:18:18

Avatar mohamed

je recherche l'embouchure du fleuve du niger

Le 03-03-2016 à 09:18:35

Avatar Suzannekem

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Le 08-07-2018 à 09:18:16

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