exposition Eau d'ici Eau delà

Dans le cadre des 4 éléments d'après Bachelard, toujours dans la connivence

 

 

Eaux dormantes, eaux murmurantes, eaux violentes… L’eau vivifie, l’eau tue. Cette ambivalence  fondamentale n’inspire-t-elle pas les artistes qui unissent dans l’image matière et forme ?   «  On ne se baigne pas deux fois dans un même fleuve »  (Héraclite). La mouvance de l’eau n’est-elle pas le signe de notre précarité, nous qui sommes voués à l’instant ? D’un lieu de naissance qui nous inscrit aux lieux du monde que nous explorons ou qui font notre destin, l’eau   ne  s’incarne-telle pas dans nos mythes, nos fantasmes, nos poèmes, nos réalisations ?    

 

 L’eau coule, la vie s’écoule..

La vie  c’est cool !

Peindre, Ecrire,   comme  l’eau s’écrit  dans  nos  géographies, quand  le  biographe  se  fait  cartographe , en auscultant  les  nervures  aquatiques, quand  il se  fait  quêteur  de  biefs et  de  confluents pour percoler la  liquidité de la  vie.

Ne  pas croire les eaux  supposées  stagnantes où viennent  se coller les  feuilles  d’automne , pour  résister  aux  dérives  assassines , dans  le  dernier  souvenir  d’un  printemps  vert. La rivière est impitoyable  qui glisse toute  noire sous  les  friches où tout  devrait se perdre, mais sans  consentir  jamais  à aucun Alzheimer  liquide.

Cours  de l’eau, cours  de la  vie, cours de  récré, menaces des  rapides, mirages des  circles  et  ensorcellements d’anges débonnaires

Vies arrêtées, vies  écoulées,  de noyades  évitées en  sources salvatrices, du lavoir  au  sous-bois,  il n’y a  qu’un  pas,  ponts , barques , sortilèges  et  puis là-bas  les  fontaines  miséricordieuses  qui  accordaient  la  guérisons.

La  rivière qui descend  de  Rumengol au Faou, au  nom si vague  que  le Guillou  ne  s’en  souvient plus, le  fleuve  fidèle  que  suivaient  les  pas  d’Aragon, la Meuse  endormeuse  qui  ne  sait  rien  de la  souffrance  humaine, tout  coule  à  se perdre dans  les  océans faute  de  s’être engouffré dans  des  failles chtoniques  pour  d’impossible  résurgences. Eau douce  , eau salée,  où commence  le  cycle ?

L’écheveau de  ces  nervures  aquatiques, arpenteur et cartographe, quêteur de  ruisseaux, de biefs, d’étangs, de  confluents (Le Guillou ).

La mélancolie  c’est ce  qui  permet de totaliser/accomplir  le  passé, d’assumer la  trajectoire de la  création.

 

 

 

 

 



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